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Éditorial
L’union de la droite, clé du renouveau de la
France

par Henry de Lesquen
président du Club de l'Horloge
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Une pédagogie des
opinions proscrites
Le verrouillage politique qui met
le Front national au ban des partis est le fidèle reflet du
verrouillage idéologique qui empêche de parler
librement de certains sujets vitaux pour l’avenir de notre
pays. C’est parce que le F.N. ne se conforme pas aux
interdits édictés par les hérauts de
l’idéologie dominante qu’il est victime
d’ostracisme et exclu de l’“arc
constitutionnel”, en tant que parti d’extrême
droite.
Réciproquement, les idées qui sont défendues par
le F.N. se trouvent disqualifiées de ce seul fait. Si le
projet de réduire le nombre des immigrés, de maintenir
les valeurs traditionnelles ou de renforcer la sécurité
est avancé par Le Pen, alors, nous serine-t-on dans les
media, c’est bien la preuve que ce sont des idées
d’extrême droite, donc fascistes !
L’exclusion-diabolisation du Front national est une
pédagogie des opinions proscrites, qui a tout du bourrage de
crânes.
Si l’on suppose maintenant l’union de la droite
réalisée, le F.N. réintégré dans
l’“arc constitutionnel”, alors tout change. Le
discours délirant, mais envahissant, d’une gauche
crypto-totalitaire apparaît tout d’un coup pour ce
qu’il est. Il ne prend plus. Le consensus
métapolitique imposé par l’idéologie
dominante est ruiné. La France profonde peut se remettre en
marche. Elle est à nouveau maîtresse de son destin.
L’union de la droite n’est pas seulement
nécessaire pour une simple raison d’arithmétique
électorale, mais aussi, et surtout, parce qu’il est au
fond inutile d’avoir un gouvernement dit de droite si
celui-ci fait la même politique que la gauche. En
démocratie, un gouvernement inscrit son action dans le
cercle magique qui est tracé par l’idéologie
dominante. Il ne pourra réduire ni l’immigration ni
l’insécurité ni même réformer
l’économie (voyez le fiasco du C.P.E. en 2006)
s’il s’est d’avance soumis aux diktats
idéologiques de la gauche en refusant le concours de cette
partie de la droite qui est la plus déterminée à
s’opposer à la gauche.
Affronter le terrorisme
intellectuel
On nous dit que le thème de l’union de la droite est
une duperie, parce que la droite établie, l’U.M.P.,
n’est pas une vraie droite. Ce jugement, qui paraît
sensé, est en réalité à courte vue, car les
électeurs de l’U.M.P., eux, sont incontestablement
à droite. Dès lors, l’union de la droite serait
la pierre de touche qui leur permettrait de faire le départ,
parmi les hommes politiques, entre ceux qui sont réellement
de droite, et les autres, qui préféreraient
s’allier avec la gauche plutôt qu’avec la droite
de la droite. L’alliance à droite obligerait les
hommes politiques de la droite établie à sortir de
l’ambiguïté, à révéler leurs
préférences, et à choisir d’affronter le
terrorisme intellectuel de la gauche, donc à prouver leur
caractère et à contribuer à
l’ébranlement du système de sidération dont
les Français sont victimes.
On dit aussi que l’union de la droite est impossible. Il
n’est pas facile, admettons-le, d’imaginer un
scénario qui y conduirait. Mais, en politique, les choses
peuvent changer très vite. Ce qui paraît impossible un
jour est évident le lendemain. La campagne de Villiers
contre l’islamisation de la France montre que les choses
sont en train de bouger, à droite, après les
émeutes ethniques de 2005. Ce dont nous avons besoin,
aujourd’hui, ce n’est pas tant d’hommes
politiques que d’hommes d’Etat, qui mesureront
l’enjeu de l’union de la droite et qui
décideront de la mettre en œuvre. Ceux-là
inscriront leurs noms dans l’histoire comme les artisans du
renouveau de la France.
N.B. : une version abrégée de cet éditorial a
été publiée dans Monde et Vie le 13 mai 2006.
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