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ALBERT
JACQUARD, PRIX LYSSENKO
pour l'ensemble de son uvre
Un schéma théorique simpliste et fallacieux
Albert Jacquard défend une conception
de l'homme qui n'a rien d'original : c'est celle de l'utopie
égalitaire, mais il a mis au point une argumentation
qui lui est propre. Son schéma théorique, reproduit
depuis quinze ans dans une dizaine d'ouvrages, s'articule
en trois temps.
1) Après avoir souligné à
juste titre que chaque homme est un être unique qui
dispose depuis sa conception d'une formule génétique
particulière, il laisse entendre que le lien héréditaire
n'existe pas : "Chaque être ne va plus être
capable que de produire des êtres issus de lui, mais
totalement différents de lui." (1)
Ce "totalement" est absurde. S'il n'y avait aucune
ressemblance entre les enfants d'une part, les parents et
les aïeux d'autre part, la génétique ne
serait plus la science de l'hérédité.
Yves Christen forçait à peine le trait lorsqu'il
écrivait que, selon A. Jacquard, "les gènes
des parents se perdent dans la nature, on n'en trouve nulle
trace chez les enfants" (2). A. Jacquard
ne dit pas cela à la lettre, mais c'est bien dans l'esprit
de ce qu'il dit. Lyssenko se contentait de nier le rôle
des gènes dans l'hérédité. A.
Jacquard va plus loin : il procède à la liquidation
de la notion d'hérédité... Lorsqu'il
explique que les hommes ne transmettent pas leurs caractères
à leur descendance, mais seulement leurs gènes,
il utilise un argument de cour de récréation
: "Ce n'est pas moi qui t'ai tapé, c'est ma main."
Les gènes sont le véhicule de l'hérédité,
leur existence ne fait pas disparaître le fait de l'hérédité.
Le génotype est à la fois un héritage
et une création, grâce aux lois de la reproduction
sexuée. Les gènes sont une "tradition biologique"
qui relie l'homme à ses aïeux et assure la continuité
charnelle d'une lignée. La manipulation des données
scientifiques effectuée par A. Jacquard n'est pas sans
portée idéologique : elle pose chaque individu
comme un être sans racines, sans passé ni avenir.
Elle le laisse sans armes face aux conditionnements totalitaires.
2) Dans un second temps, A. Jacquard affirme que
l'homme aurait la capacité de s'"autoconstruire",
c'est-à-dire, si on le comprend, de créer sa
propre nature. Il met en exergue de son livre Inventer l'homme
cette phrase de Jean-Paul Sartre, tirée de L'Existentialisme
est un humanisme : "L'homme, sans aucun appui et sans
aucun secours, est condamné à chaque instant
à inventer l'homme." (3) A. Jacquard
suggère que les gènes ne comptent pas pour grand-chose
dans notre identité. Son argument est qu'il y a bien
davantage d'information dans le montage des synapses du cerveau
que dans le patrimoine génétique. Pour montrer
l'erreur du raisonnement, prenons une comparaison. Les plans
d'un architecte contiennent infiniment moins de détails
qu'il n'y en a dans la construction de notre maison. Ils ne
précisent pas la couleur et l'épaisseur de la
moquette en chaque endroit de la salle à manger. Ces
diverses informations n'ont pas toute la même importance
: la maison n'a pas été construite sans plans.
Au demeurant, même si A. Jacquard avait raison sur ce
point, il faudrait en conclure que l'homme est au départ
une table rase et ensuite modelé par l'environnement,
et non qu'il a la faculté de s'"autoconstruire".
Heureusement, ce n'est pas le cas. L'hérédité
est un programme ouvert qui nous donne la possibilité
de "devenir nous-mêmes" en puisant dans l'environnement
les informations qui nous manquaient à l'origine. Notre
liberté est ancrée dans l'hérédité
(4).
3) La dernière étape du raisonnement
d'A. Jacquard ne laisse pas d'être affligeante en raison
de son incohérence. De ses postulats, A. Jacquard devrait
conclure que l'"homme" n'existe pas, comme l'estimait
Joseph de Maistre, et il devrait se rallier à un nominalisme
radical. Or, le voilà qui paraît réinventer
la nature humaine, qu'il vient de nier, en la baptisant "humanitude".
Ce mot, qui imite le néologisme forgé par Léopold
Senghor, la "négritude", n'a aucune signification
claire. Il permet simplement à son inventeur de se
draper dans les bons sentiments qui plaisent tant aux élites
cosmopolites : "refus de l'exclusion", "antiracisme",
préférence étrangère, culpabilisation
de l'Occident... Pour un lecteur objectif de Cinq milliards
d'hommes dans un vaisseau (par exemple), le brouillard des
mots ne dissimule pas le vide sidéral de la pensée
(5).
Un négationnisme absurde
1) A. Jacquard se donne beaucoup de mal pour
nier que l'intelligence et les différences d'intelligence
soient héréditaires. Pour occulter les conclusions
scientifiques, il utilise un procédé constant,
qui devient presque efficace à force de répétitions.
Il prétend que ces expressions n'ont pas de sens. Le
grand public peut s'y laisser prendre. Dans Eloge de la différence,
il écrit : "La plupart des déclarations
que nous lisons sur ce sujet commencent par (...) : "La
grande majorité des savants admettent que...",
et se poursuivent par : "L'intelligence est déterminée
à 80 % par le patrimoine génétique et
à 20 % par le milieu." Cette phrase (...) n'a
rigoureusement aucun sens." (6)
Contrairement à ce qu'affirme avec aplomb
le Pr. Jacquard, cette phrase ne manque pas de sens. Il est
vrai que celui-ci doit être précisé. Dans
cet ouvrage, l'auteur se charge lui-même, quelques lignes
plus loin, de détruire son objection (il a été
plus adroit dans les autres) : "Les pourcentages n'ont
de sens que si les deux causes évoquées, hérédité
et milieu, ont des effets indépendants et additifs."
Bien entendu, les nombreux auteurs qui emploient
la formule en cause admettent cette hypothèse d'additivité.
A. Jacquard est en droit de la contester. Il a tort de dire
qu'elle n'a pas de sens. Ici, le trucage est évident.
Dans La Politique du vivant, nous référant
pour notre part aux travaux de Hans Eysenck et Arthur Jensen,
nous écrivions :
"Jensen a mis au point une formule générale
permettant d'estimer l'héritabilité à
partir de corrélations entre parents d'un degré
quelconque : il a ainsi montré que l'intelligence avait
une héritabilité de 0,80 - valeur déjà
trouvée par Burt. Les différences génétiques
expliquent donc 80 p. 100 des différences de Q.I.,
les 20 pour 100 restant devant être attribués
à l'environnement. Il s'agit là d'un fait incontestable,
au moins comme ordre de grandeur; son importance ne peut manquer
d'être considérable, spécialement dans
le domaine de l'éducation." (7)
Citant partiellement cet alinéa, A. Jacquard
n'a pas craint de déclarer : "Tous les généticiens
savent que de tels chiffres, ainsi présentés,
n'ont non seulement aucune base sérieuse, mais aucun
sens." (8)
Ici, la désinformation est à son
maximum. "Tous les généticiens", dit
A. Jacquard ? Nous n'en citerons qu'un seul, fort réputé,
Theodosius Dobzhansky, qui écrivait dans Genetic Diversity
and Human Equality :
"Le Q.I. est à peu près aussi
héréditaire que la taille chez l'homme. Son
héritabilité est bien plus grande que celle
de la capacité de ponte des poules, ou celle du rendement
du maïs."
Et il précisait :
"Jensen propose une estimation générale
de 81 %." (9)
Plus modeste que M. Jacquard - ou mieux informé
-, Dobzhansky signale au passage que ce problème n'est
pas de la compétence des généticiens
et renvoie aux travaux des psychologues qui l'ont étudié.
En invoquant l'autorité "des généticiens",
A. Jacquard a commis une bourde.
2) A. Jacquard fait partie de la petite cohorte
bruyante qui nie l'existence des races. Th. Dobzhansky déclare
à ce sujet :
"Certains "personnes compétentes"
(...) proclament que les races humaines n'existent pas et
que le terme "race" lui-même devrait être
banni du dictionnaire. Cette proposition est souvent motivée
par un désir louable de contrecarrer la propagande
raciste. Mais faut-il pour cela nier l'existence des races
? Ou bien une telle dénégation aura-t-elle pour
seul effet de réduire le crédit des hommes de
science qui la soutiennent ?" (10)
A. Jacquard a diffusé dans notre pays les
raisonnement biaisés du scientifique américain
Richard Lewontin. Celui-ci, pour contester la pertinence des
classifications raciales, fait ressortir que la variation
génétique est plus importante à l'intérieur
de n'importe quelle population qu'entre celle-ci et toute
autre. On pourrait aussi bien, sur cette base, refuser l'existence
des espèces, puisque, par exemple, le système
sanguin ABO se retrouve chez les chimpanzés. On pourrait
encore nier la différence des sexes. Les différences
raciales portent essentiellement sur certains gènes.
Ceux-ci ne seront bien connus que lorsque le génome
humain aura été entièrement "exploré",
ce qui est une vaste entreprise. En attendant, on peut tout
au plus observer des corrélations statistiques entre
ces gènes, que l'on pourrait qualifier proprement de
raciaux, et certains autres, comme ceux qui déterminent
les groupes sanguins. Il n'y a pas lieu d'accepter le réductionnisme
de certains spécialistes de la génétique
des populations. Pour autant, l'hématologie géographique
est riche d'enseignement sur les races et l'histoire des races,
notamment parce qu'elle met en évidence des "marqueurs
raciaux" propres à telle catégorie raciale
(par exemple le groupe Diego pour la race jaune ou "mongoloïde").
Il est vrai que M. Jacquard dit que les marqueurs raciaux
n'existent pas (11) !
Conclusion : un univers orwellien
Comme dans le célèbre roman d'Orwell,
1984, A. Jacquard proscrit l'usage de certains mots sous prétexte
que leur sens est souvent vague dans le vocabulaire courant.
C'est chez lui un véritable tic, ou plutôt un
système. Il est vrai que les savants doivent faire
l'effort de préciser les concepts qu'ils emploient.
Vilfredo Pareto a beaucoup insisté sur ce point, et,
après lui, Fritz Machlup (12). Dans
le cas d'A. Jacquard, il ne s'agit pas de progresser dans
l'analyse, mais de la rendre impossible. Il déclare
ainsi que "certaines questions ne devraient pas être
posées", parce qu'elles n'ont pas de sens (13).
Dans une société communiste, il est impossible
de demander la liberté, puisque les libertés
"bourgeoises" sont une duperie, et que la vraie
liberté est celle d'obéir au parti communiste.
Dans l'univers mental élaboré par A. Jacquard,
il est interdit de parler d'hérédité
ou de races, puisque le sentiment de notre "humanitude"
doit suffire à notre bonheur.
L'auteur explique inlassablement que les opinions
courantes n'ont aucun fondement et que nous sommes trompés
par le témoignage de nos sens. Nous voyons que les
races existent, alors qu'elles n'existent pas, dit A. Jacquard.
La mission de la science ne consiste pourtant pas le plus
souvent à expliquer aux gens que les phénomènes
observés par eux n'existent pas, elle est plutôt
d'en découvrir les causes. Lorsque Newton voit tomber
une pomme, il élabore la théorie de la gravitation.
Imaginons le Pr. Jacquard dans la même situation : il
soutiendrait que la pomme n'est pas tombée, et se gausserait
ensuite de la crédulité des gens qui voient
tomber la pomme, avant de condamner sévèrement
l'"idéologie de la gravitation", puis de
conclure que Newton est "un âne bâté"
(comme Engels l'avait déjà estimé avant
lui).
Il est navrant que cette pensée indigente
soit devenue pour ainsi dire la doctrine officielle de notre
éducation nationale.
Il est dramatique que le terrorisme intellectuel
de la gauche cosmopolite entrave le progrès et la diffusion
des connaissances dans le domaine de la biologie et des sciences
de l'homme.
(1) Moi et les autres, Seuil, 1983, p. 28.
Souligné par nous.
(2) Le Figaro-Magazine, 8 mars 1980.
(3) Inventer l'Homme, Ed. Complexe, 1983.
Cf. Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un humanisme,
Nagel, 1970, p. 38 - A la décharge d'A. Jacquard, on
remarquera que la même contradiction apparaît
dans la pensée de son maître Sartre, qui, après
avoir nié la "nature humaine", se réfère
à la "condition humaine", ce qui revient
au même, comme Naville le fait observer (cf. L'Existentialisme
est un humanisme, op. cit.).
(4) Sur cette conception de la liberté,
voir Henry de Lesquen et le Club de l'Horloge, La Politique
du vivant, Albin Michel, 1979.
(5) Cinq milliards d'hommes dans un vaisseau,
Seuil, 1987.
(6) Eloge de la différence, Seuil,
1978, p. 176.
(7) Henry de Lesquen et le Club de l'Horloge,
La Politique du vivant, Albin Michel, 1979, p. 140. Nous indiquions
en note (p. 295), à propos de Cyril Burt, qu'on avait
cherché à "déconsidérer l'ensemble
de ses travaux". A. Jacquard a repris souvent les accusations
de fraude portées contre Burt par L. J. Kamin. Or,
la mémoire de Burt a été lavée
de tout reproche par l'ouvrage de Robert B. Joynson, The Burt
Affair, Routledge, Londres, 1989. De toute manière,
conclut Robert Plomin, "on pourrait retirer les données
recueillies par Burt de la littérature sur le Q.I.
sans modifier la conclusion que les facteurs génétiques
sont d'une importance majeure". (Behaviors Genetics,
vol. 19, n° 6, 1989).
(8) Le Matin, 26 juillet 1979. Souligné
par nous.
(9) Voir Theodosius Dobzhansky, Genetic Diversity
and Human Equality ; trad. fr. : Le Droit à l'intelligence.
Génétique et égalité, Ed. Complexe,
1978, p. 22.
(10) Op. cit., p. 63.
(11) Moi et les autres, Seuil, 1983, p.
56.
(12) Vilfredo Pareto, Traité de sociologie
générale, Droz, 1968 ; Fritz Machlup, Essais
de sémantique économique, Calmann-Lévy,
1971.
(13) "Certaines questions peuvent être
intrinsèquement mauvaises, parce que mal posées."
(Libération, 2 avril 1979).
ANNEXE
Discours parallèles
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Lyssenko et alii
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Albert Jacquard
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LES GENES ET L'HEREDITE
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Prétendre qu'il existe dans un organisme certaines particules
minuscules, les gènes, responsables de la transmission
des caractères héréditaires, est une pure fantaisie, qui
ne repose sur aucune base scientifique.
(Revue Biologiya v Chkole, J.M., p. 188) |
Les êtres sexués ne peuvent transmettre leurs caractères.
Ils ne transmettent, et encore partiellement, que leurs
gènes.
(Moi et les autres , p. 28) |
De nombreux orateurs du parti de Lyssenko (...) avaient
bel et bien nié l'existence des gènes, ou leur importance
comme base matérielle de l'hérédité.
(Julian Huxley, D.B., p. 108) |
L'invention des gamètes (...) consiste à rompre la chaîne
des êtres qui se succèdent de génération en génération
(...). Chaque être ne va plus être capable que de produire
des êtres issus de lui, mais totalement différents de
lui (...). Nous sommes tentés de voir une liaison biologique
directe entre parents et enfants : "mon" enfant, ce possessif
est très abusif.
(Inventer l'Homme, pp. 40 et 43) |
|
INTELLIGENCE ET HEREDITE
|
L'humanité tout entière appartient à une seule espèce
biologique. Il a donc fallu que la science bourgeoise
invente une lutte à l'intérieur de l'espèce (...). Les
capitalistes ont des millions, les travailleurs vivent
dans la pauvreté, parce que les premiers, du fait de leur
hérédité, sont supposés plus intelligents, plus capables
que les seconds.
(Lyssenko, J.M., p. 143) |
Qui n'a l'occasion de lire que "l'intelligence dépend
à 80 % des gènes et à 20 % du milieu" ? (...). Par suite
de quelles aberrations, ou pour camoufler quels desseins,
des phrases semblables ont-elles pu être dites, écrites
et répétées à propos de notre espèce ?
(Moi et les autres, pp. 34 et 39-41) |
(Le) weismannisme-morganisme, avec sa théorie d'une
substance héréditaire immortelle (...), a servi à justifier
l'exploitation des travailleurs, le colonialisme et la
discrimination raciale.
(Platonov, J.M., p. 190) |
Le chômage serait-il un caractère "génétique" dans l'espèce
humaine ? (...). Il suffit de changer les règles sociales
pour que le lien observé disparaisse totalement.
(Moi et les autres, pp. 45-6) |
|
LA BIOLOGIE EST REACTIONNAIRE
|
L'anthropologue Levit (...) a fourni à ceux qui détestent
l'humanité du "matériel" sur la prétendue "détermination
héréditaire" de l'homme et a mérité ainsi la gratitude
des adversaires endurcis du marxisme.
(Prezent, J.M., p. 78) |
Il semble que bien des erreurs de raisonnement sont
provoquées par la tendance plus ou moins consciente à
assimiler "détermination génétique" et "fatalité".
(Moi et les autres, pp. 39-41) |
La société bourgeoise (...) estime qu'elle n'a rien
à gagner à reconnaître la théorie du progrès. (Elle) préfère
la théorie de l'immutabilité (...). Cette "théorie" conduit
à la contemplation passive des prétendus phénomènes éternels
de la nature. Voilà pourquoi cette pseudo-science, lorsqu'elle
tombe entre les mains d'un Hitler, devient un instrument
parfait pour étayer une monstrueuse théorie raciste.
(Polyakov, J.M., pp. 155-6) |
La sociobiologie représente la forme moderne d'un courant
de pensée dont les origines sont fort lointaines (...).
Une telle doctrine, dès qu'elle est appliquée à l'espèce
humaine, est fondamentalement politique : c'est la façon
d'organiser la cité qui est en cause. Affirmer que la
xénophobie, le sens de la propriété, ou le besoin de dominer,
sont "naturels", c'est prendre partie en faveur d'une
certaine situation sociale.
(L'Héritage de la liberté , p. 11) |
|
LA BIOLOGIE, SCIENCE HITLERIENNE
|
Ce qu'il faut, c'est assurer dans l'avenir la formation
de la génétique, en tant que science, à partir de la théorie
du développement, et non pas la convertir en domestique
des services de Goebbels (...). Les darwiniens ne sont
pas contre la génétique. Ils sont contre la déviation
fasciste de la génétique, contre l'utilisation fasciste
de la génétique dans des buts politiques ennemis du progrès
de l'humanité.
(Yakovlev, J.M., pp. 80-1) |
Le réflexe de beaucoup est de conclure à une inégalité
: les hommes sont différents, "donc" certains sont supérieurs,
d'autres inférieurs ; les Juifs sont différents des Aryens,
"donc" ils sont inférieurs et doivent être éliminés.Les
tragédies passées montrent combien il est nécessaire de
dénoncer les contresens à propos des données de la biologie.
(Le Monde, 19 juillet 1979) |
|
DIVAGATIONS
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Le zygote n'est pas fou.
(Lyssenko, J.M., p. 233) |
"Deux et deux font quatre" ; non : "Deux et deux font
vingt-deux".
(Moi et les autres, p. 35) |
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LA SCIENCE ET LE POUVOIR
|
Bravo camarade Lyssenko, bravo !
(Staline, J.M., p. 45)
Staline rectifia lui-même le brouillon de mon rapport
Sur la situation de la science biologique.
(Lyssenko, J.M., p. 152) |
M. Jacquard est formel : "Celui qui par moment a le
plus de pouvoir, c'est moi, c'est pas lui (le président
de la République)." S'il reconnaît que le chef de l'État
peut faire des nominations à la Cour des comptes, il ajoute
que des fournées entières de jeunes "discutent au bac
sur les textes d'Albert Jacquard, ça fait peur. Les profs
ont un pouvoir terrible." |
| Qui veut suivre les méthodes de Lyssenko
ne peut pas être perdant (...). Voilà des savants qui
ont quelque chose à nous apprendre.(Khrouchtchev, J.M.,
p. 264) |
(Le Monde, 14 mars 1986) |
|
REFERENCES
|
- J.M. = Jaurès Medvedev, Grandeur
et chute de Lyssenko, préface de Jacques Monod,
Gallimard, 1971.
- D.B. = Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, P.U.F.,
1988.
- Albert Jacquard, Moi et les autres, Seuil, 1983 ; Inventer
l'Homme, Ed. Complexe, 1984 ; L'Héritage de la
liberté, Seuil, 1986 |
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