15
mars 2007
Catherine
Wihtol de Wenden et Yvan Gastaut,
prix
Lyssenko en 2006
pour
leurs analyses des bienfaits
de
l'immigration et de la mixité sociale
I - Le seuil de tolérance, justification du
"racisme" ?
La notion de
"seuil de tolérance" a longtemps été reçue comme un évidence, tant il
paraissait incontestable, à ceux qui se penchaient sur la réalité de
l'immigration, comme à ceux qui la vivaient quotidiennement, que la
cohabitation entre immigrés et Français de souche soulevait de graves
difficultés, dès que la proportion des immigrés dépassait un certain seuil,
dans un quartier où ils cohabitaient avec des Français de souche. Et il
paraissait légitime d'extrapoler à la communauté nationale : il devait donc y
avoir une limite à fixer à l'immigration, ou, plus précisément, à la proportion
d'immigrés inassimilés vivant en France, pour éviter une explosion sociale.
Le 4 juin 1970,
Michel Massenet, directeur de la population et des migrations, déclarait ainsi,
devant l'Académie des sciences morales et politiques : "Les seuils à partir desquels la population
d'accueil se ferme à la population étrangère et risque de lui manifester plus
que de l'indifférence ont pu faire l'objet de mesures empiriques." Il
évoquait un seuil de 20 % d'étrangers à l'école, de 10 à 15 % dans les
immeubles.
Le président
François Mitterrand, dont on sait la responsabilité dans l'expansion de
l'immigration, a cependant regretté, lors de son intervention radio-télévisée
du 10 décembre 1989, la "trop forte
concentration géographique des étrangers", ajoutant : "Le seuil de tolérance a été atteint dès les
années soixante-dix, où il y avait déjà 4,1 à 4,2 millions d'étrangers."
Jacques Chirac,
maire de Paris, écrivait dans Le Monde
le 15 juillet 1983 : "Le seuil de
tolérance est dépassé dans certains quartiers et cela peut risquer de provoquer
des réactions de racisme." Il fut plus concret, au cours d'un dîner à
Calais, le 22 février 1991, où il déclara : "Avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez
nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des noirs.
Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et
qui ensemble gagnent environ 15.000 francs et qui voit sur le palier à côté de
son HLM, entassée, une famille, avec un père de famille, trois ou quatre
épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations
sociales, sans naturellement travailler, si vous ajoutez à cela le bruit et
l'odeur, eh bien, le travailleur français sur le palier, il devient fou. Et ce
n'est pas être raciste que de dire cela." [1] A
l'époque, M. Chirac essayait encore de passer pour un homme de droite, proche
des préoccupations populaires...
On n'ose plus
parler, aujourd'hui, de seuil de tolérance, parce que la formule est censurée
par le terrorisme intellectuel de la gauche, mais les émeutes ethniques de
novembre 2005 semblent montrer qu'elle n'a rien perdu de sa pertinence.
En général, donc,
les spécialistes de l'immigration, sociologues, politologues ou économistes,
évitent purement et simplement d'évoquer le concept de seuil de tolérance.
C'est comme s'il n'existait pas. Le premier de nos deux lauréats, Mme Catherine
Wihtol de Wenden, a écrit de très nombreux ouvrages et articles, bourrés de
données et de chiffres, mais elle ne veut voir dans l'immigration qu'un
phénomène entièrement positif. Dans un recueil qu'elle a dirigé avec le lauréat
du prix Lyssenko
C'est ce que
prétend ouvertement, pour sa part, le second lauréat, M. Yvan Gastaut, qui a
publié, à ce propos, un article au titre éloquent : « Le "seuil de
tolérance", une justification du racisme » [3] .
M. Gastaut
utilise, à cet égard, un schéma typiquement lyssenkiste, qui peut s'analyser en
quatre étapes successives.
Dans le cas de Trophime
Lyssenko, qui était le biologiste chéri de Staline, puis de Khrouchtchev,
l'entreprise de désinformation scientifique peut se résumer ainsi : (1) il y a,
au départ, une observation quotidienne que peut faire tout un chacun : les
enfants ressemblent plus ou moins à leurs parents ; c'est le phénomène de
l'hérédité ; (2) il y a, ensuite, une théorie qui explique ce phénomène : la
génétique ; (3) apparaît alors une contradiction très gênante entre la théorie
et l'idéologie, entre la génétique et le marxisme, avec sa prétention de créer
un homme nouveau ; (4) d'où, enfin, la censure de cette théorie qui invalide le
marxisme, et le recours au terrorisme intellectuel (complété par l'envoi au
Goulag des plus récalcitrants) : la génétique est déclarée science
"nazie".
Dans le cas de M.
Gastaut, évidemment, le Goulag n'est pas de saison pour les méchants
"racistes" (encore que la loi Pleven permette de les envoyer en
prison). Mais le schéma est fondamentalement analogue à celui de Lyssenko. (1)
On part d'une réalité bien connue, la difficulté de cohabitation entre immigrés
et Français de souche (et aussi entre immigrés d'origines diverses), et la
ségrégation urbaine qui en est la conséquence ; (2) on sait qu'il existe une
théorie scientifique qui rend compte de ce phénomène : le seuil de tolérance ;
théorie qui, comme nous allons le voir, a été élaborée, aux Etats-Unis, par
d'éminents scientifiques ; (3) on est gêné par la contradiction éclatante qui
apparaît entre ladite théorie et l'idéologie immigrationniste, idéologie qui
n'est, au demeurant, qu'une des formes de l'égalitarisme ; (4) en conséquence,
on lance l'anathème contre toute personne qui évoquerait le concept de seuil de
tolérance, en la dénonçant comme raciste.
Yvan Gastaut est
d'autant plus coupable qu'il n'ignore pas les travaux des sociologues de
l'école de Chicago sur le seuil de tolérance, travaux qui remontent aux années
1920. Il les résume ainsi : « Les
premières recherches au sujet d'un seuil de tolérance des étrangers furent
entreprises par l'école sociologique de Chicago dans les années 20 dans le
cadre de travaux sur les relations interethniques et la ségrégation urbaine.
(...) une proposition établit de manière empirique un seuil critique
d'acceptabilité des noirs par la population blanche des Etats-Unis, nommé tipping
point : tant que les noirs constituent
moins de 10 % de la population d'un quartier donné, ils conservent une
"marge de liberté résidentielle" qui leur permet de se disperser. En
revanche, au delà des 10 %, on observe la formation de ghettos. Le tipping
point a servi de modèle pour le
"seuil de tolérance" français. » [4] Et il
ajoute, dans une note en bas de page : « Les
propositions qui ont découlé des travaux de l'école de Chicago sont devenues
classiques. L'attitude des blancs à l'égard des noirs varie avec la distance
sociale qui les sépare ; les réactions racistes apparaissent lorsque la
population blanche se sent menacée dans son statut. » [5]
Après avoir ainsi donné des gages à un
semblant d'objectivité, notre "lauréat" s'empresse alors d'ajouter,
dans une pitoyable pirouette : « Il n'a
jamais existé d'étude scientifique sur le "seuil de tolérance", qui
relève d'une mauvaise interprétation de la sociologie américaine. » [6] Or,
si l'expression française "seuil de tolérance" n'est que la
traduction de l'anglais "tipping
point", il y a bel et bien une abondante littérature scientifique sur
la question. Il est vrai que ces études ont été faites aux Etats-Unis, et non
en France, malheureusement, mais cela ne retire rien à la valeur de la théorie,
et il faut être particulièrement obscurantiste pour refuser d'appliquer à
Nous concéderons
seulement à M. Gastaut que l'on devrait plutôt traduire littéralement "tipping point" par "point de basculement", et que
l'expression française "seuil de
tolérance" a l'inconvénient d'avoir des implications morales,
l'intolérance n'ayant pas bonne réputation. Nous proposons donc d'employer
indifféremment les deux expressions, "point de basculement" ou
"seuil de tolérance".
II - Le "tipping point" ou seuil de tolérance,
une découverte scientifique
La théorie du
"tipping point" a été
découverte dans les années 1920 par les sociologues de l'école de Chicago, dont
le chef de file était Robert Ezra Park (1864-1944), mais l'expression elle-même
a été proposée beaucoup plus tard, dans les années 1960, par le politologue
Morton M. Grodzins (1919-1964). L'économiste Thomas C. Schelling, prix Nobel en
2005 pour ses travaux sur la théorie des jeux, a proposé en 1971 un modèle de
comportement individuel qui rend compte du phénomène.
L'école de
Chicago avait bien compris que l'homme était un animal territorial, bien avant
que les éthologues, comme Konrad Lorenz, ne viennent en faire la démonstration.
Park, qui entendait fonder une "écologie humaine", considérait la
ségrégation sociale dans l'habitat comme un phénomène inéluctable : « La croissance d'une communauté a pour
conséquence la sélection et la ségrégation sociales, donc la création de
groupes sociaux naturels, d'une part, d'aires sociales naturelles, d'autre
part. Nous avons pris conscience de ce processus de ségrégation à propos des
immigrants et, plus particulièrement, à propos de ce qu'on appelle les
"races historiques", c'est-à-dire des populations qui portent les
traits distinctifs de leur race, qu'il s'agisse d'immigrants ou non. Les
Chinatown, les Little Sicily et autres "ghettos", familiers aux
spécialistes de la vie urbaine, sont des types particuliers d'une espèce plus
générale d'aire naturelle que les conditions et les tendances de la vie urbaine
produisent inévitablement. » [8]
Selon le résumé
qu'en font Yves Grafmeyer et Isaac Joseph, l'école de Chicago a une "approche écologique dans l'étude de la
communauté humaine", dans laquelle "les individus entretiennent des rapports spatiaux qui sont réglés par
la compétition, analogue dans ses
effets à la lutte pour la vie observable chez les animaux et les plantes",
et où "les éléments les plus
vigoureux parviendront à s'assurer la maîtrise des emplacements privilégiés,
conformément à la loi de dominance identifiée par l'écologie animale et
végétale" [9] .
L'un des
principaux auteurs de l'école, Roderick D. McKenzie, parle à ce propos d'invasions
: "... de même que dans les
communautés végétales les successions sont le produit de l'invasion, de même,
dans la communauté humaine, les formations, ségrégations et associations qui
apparaissent constituent le résultat d'une série d'invasions. (...) L'étape
initiale d'une invasion est à mettre en relation avec le point d'entrée, la
résistance ou l'encouragement qu'offrent à l'envahisseur les premiers habitants
du lieu et l'effet sur les valeurs du sol et des loyers. (...) La résistance à
l'invasion dépend simultanément du type d'envahisseur et du degré de solidarité
des occupants actuels. (...) On observe communément que les races étrangères et
autres envahisseurs indésirables, à quelques exceptions près, élisent domicile
près du centre d'affaires ou en d'autres points de forte mobilité et de faible
résistance. Une fois installés, ils font progressivement leur chemin (...). Le
processus d'invasion atteint son apogée avec l'émergence du type dominant
d'organisation écologique capable de résister à d'autres formes d'invasion.
(...) L'action continue des phénomènes d'invasion et d'adaptation a pour effet
d'attribuer à la communauté développée des aires bien définies, dont chacune
possède ses propres critères de sélection et ses traits culturels spécifiques." [10]
En 1932, le
sociologue français Maurice Halbwachs, élève de Durkheim, a donné une recension
de ces travaux dans les Annales
d'histoire économique et sociale, présentant de manière saisissante le
phénomène du tipping point ou point
de basculement, qui n'avait pas encore reçu son nom, dans un article intitulé
"Chicago, expérience ethnique" : "Depuis que les Américains du nord sont en contact avec les nègres de
façon plus étroite et fréquente qu'autrefois, les mÉurs rétablissent
les barrières supprimées par les lois, et ils s'efforcent de les tenir à
distance, mais ils n'ont pu les priver du droit de louer ou d'acheter des
maisons. Il s'est produit alors un phénomène très curieux : dès que les nègres
ont réussi à prendre pied dans quelques maisons (...), alors, dans toute la
rue, sur une longueur de 4 ou
La doctrine de l'école de Chicago a été suivie
et développée par les experts du FHA (Federal
Housing Administration, direction fédérale du logement), créé en 1934, et
notamment par un certain Homer Hoyt, qui a eu une grande influence sur la
politique urbaine aux Etats-Unis. La ségrégation résidentielle et l'abandon du
centre-ville par les blancs étaient considérés comme inévitables. Quand ce que
Hoyt appelait, par euphémisme, les "races
dissonantes", étaient fortement représentées dans une zone, la valeur
des logements baissait. Il pouvait y avoir, pendant un certain temps, une
cohabitation multiraciale (ou multiethnique), mais, comme "la présence d'un non-blanc, fût-il seul,
dans un îlot occupé par des blancs peut marquer le début d'une période de
transition" [13] , il
en résultait que les quartiers devenaient en général homogènes pour un groupe
racial ou ethnique déterminé. En conséquence, les blancs étaient repoussés vers
les banlieues.
Il
est
remarquable que les travaux des sociologues de l'école de
Chicago aient précédé
ceux des éthologues, comme le prix Nobel Konrad Lorenz, dont le
grand public a
commencé à entendre parler dans les années 1970.
Ceux-ci ont mis en évidence
les conséquences désastreuses de l'entassement urbain,
qui sont aggravées par
l'hétérogénéité des populations. La
ségrégation spontanée observée dans les
grandes agglomérations américaines est une réponse
aux difficultés de
cohabitation de populations qui n'ont pas les mêmes mÉurs et pas
toujours la même langue. Dans ses deux premiers ouvrages, le Club de l'Horloge
a insisté sur l'importance de l'instinct territorial de l'être humain et sur le
besoin d'enracinement qui en est le corollaire. Ainsi, dans Les Racines du futur, en 1977, nous
écrivions : "Le plus souvent, les
délinquants se révèlent comme des déracinés, isolés dans des villes où ils ne
parviennent pas à trouver leur place. (...) C'est dans ce contexte que
s'inscrit la surcriminalité des immigrés mise en évidence par les statistiques
du ministère de l'Intérieur." Et nous citions le bulletin
d'information du ministère de l'Intérieur du 28 juillet 1976, où l'on pouvait
lire : "Les étrangers vivant en
France commettent proportionnellement davantage de crimes et délits que les
Français et dans un domaine où se perçoit la plus forte progression, celui de
la plus grande criminalité." [14] (Il
n'est pas certain que les collaborateurs de ce ministère ait gardé une telle
liberté de plume.)
Dans
2. Dans les
années 1960, nous l'avons dit, le politologue Morton Grodzins s'est inspiré des
travaux des sociologues de l'école de Chicago pour proposer le concept de
"tipping point", point de
basculement ou seuil de tolérance : lorsqu'une "population
dissonante" commence à s'installer dans un quartier, les premiers occupants
du lieu finissent par tous partir, et cela très rapidement, lorsqu'une certaine
proportion d'individus dissonants a été atteinte. Ce point de basculement
dépend de nombreux facteurs, mais l'on peut retenir, avec Michel Massenet, un
taux de 10 à 15 % pour
L'économiste
Thomas Schelling a modélisé le comportement humain qui explique la ségrégation
spontanée, que d'aucuns déplorent en la qualifiant d'apartheid urbain. Il a
traité de la dynamique de partage de l'espace entre les races ou ethnies dans
un fameux article de 1971 publié dans le Journal
of Mathematical Sociology [Journal de sociologie mathématique] et intitulé
"Dynamic Models of Segregation"
[Modèles dynamiques de la ségrégation]. Si chacun des individus souhaite que
ses voisins ne soient pas trop nombreux à être trop différents de lui-même, et
qu'il est disposé à déménager dans le cas contraire, le quartier peut se
retrouver dans une situation stable de ségrégation pure et simple : il devient
parfaitement homogène, n'étant plus habité que par les membres d'une seule
race, ethnie ou communauté (quel que soit le critère qui définisse l'identité
collective des membres de cette communauté). Un résultat important du modèle de
Schelling est qu'il suffit que les gens aient une certaine préférence, même
faible, pour que leurs voisins leur ressemblent pour parvenir à ce résultat
radical. Point n'est donc besoin de supposer qu'ils sont "racistes",
quel que soit le sens précis que l'on veuille donner à ce terme d'exécration.
Le modèle de Schelling met au jour les conséquences de décisions individuelles
parfaitement rationnelles. Même si les gens sont peu exigeants, et se
contentent, par exemple, de 30 % de voisins de même origine qu'eux, les
simulations démontrent que la ségrégation peut être fort importante.
Ces conclusions
sont renforcées par les travaux d'un autre pionnier de la théorie des jeux,
l'économiste israélien Robert J. Aumann, qui a reçu le prix Nobel la même année
que Schelling, en 2005, et qui a introduit la notion fondamentale, pour le
fonctionnement des groupes humains, de la "connaissance commune". L'interaction des individus n'est
harmonieuse que s'ils partagent suffisamment d'opinions et de valeurs. C'est
l'insuffisance de cette connaissance commune qui complique les relations entre
individus d'origine diverses et qui suscite des conflits entre eux, lesquels
proviennent en partie d'une mauvaise compréhension réciproque du comportement
d'autrui.
III - Dire la vérité aux Français
La conclusion que
l'on peut tirer de toutes ces études, de celles du sociologue Robert Park et de
son école de Chicago, du politologue Morton Grodzins et de l'économiste Thomas
Schelling, est tout à fait claire, et ne peut être contestée que par un
disciple de Lyssenko : les populations immigrées, tant qu'elles ne sont pas
assimilées, donc tant qu'elles conservent une identité propre, au lieu de se
fondre dans la communauté nationale, ne se "mélangeront" pas avec les
Français de souche. La politique actuelle nous conduit donc tout droit à la
constitution d'une société multiraciale, multiculturelle et multicommunautaire,
laquelle est aux antipodes du modèle républicain.
Ce n'est donc ni
par hasard ni du fait de la méchanceté des hommes que se sont formées des cités
et des villes entières qui ont été annexées par les populations immigrées.
C'est la conséquence inéluctable de la loi sociologique du point de basculement
ou seuil de tolérance.
Cette conclusion
réfute deux explications fallacieuses de la triste situation actuelle,
explications qui font partie du "prêt-à-penser" de l'idéologie
dominante et qui sont devenues aussi la doctrine officielle des pouvoirs
publics.
On nous dit, premièrement,
que, si les immigrés sont relégués dans des ghettos, c'est que les Français
sont "racistes". Pour faciliter "l'intégration", il
faudrait donc réprimer les actes et les opinions prétendus
"racistes".
On nous dit,
deuxièmement, que nous sommes coupables de ne pas avoir fait assez d'efforts
pour les banlieues. Les voyous immigrés brûlent des centres sportifs ? Il
faudrait en reconstruire deux fois plus ! La "politique de la ville",
qui voudrait être, sous cette appellation euphémistique, une politique de
pacification des banlieues de l'immigration, ne peut être qu'un échec total,
parce qu'elle part d'une fausse analyse de la situation.
On nous propose
maintenant une politique encore plus dangereuse, que les Américains ont
essayée, sous le nom d'affirmative action,
et qu'ils ont peu ou prou abandonnée : c'est la prétendue "discrimination positive". La
discrimination, qui est interdite aujourd'hui dans notre pays, parce qu'elle
est contraire au principe d'égalité inscrit à l'article 1er de la
déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, et qui tombe,
depuis 1972, sous le coup de la loi pénale, on veut la rendre non seulement
possible, mais même obligatoire... pourvu que les Français de souche en soient
les victimes ! On veut changer la loi et
Nous sommes
obligés d'avouer, cependant, que cette politique de discrimination
pro-immigrés, aussi scandaleuse soit-elle, à l'aune des principes républicains,
n'est pas incohérente, car elle ne paraît pas avoir la même finalité que les
deux précédentes. On persécute, au nom d'un prétendu antiracisme, de malheureux
Français innocents, on gaspille l'argent public dans une stupide politique de
la ville, sans que cela puisse permettre le mélange des populations que l'on
voudrait obtenir. Dans cet esprit, la seconde loi du communiste Gayssot, en
date du 13 décembre 2000, dite SRU (solidarité et renouvellement urbain), qui
institue dans les villes une proportion minimum de 20 % pour les logements
publics ultra-sociaux, réservés, en pratique, aux personnes d'origine immigrée,
ne peut rien changer aux lois de la sociologie, fondées sur la nature humaine :
à défaut d'assimilation, les immigrés et les Français de souche voudront
toujours vivre à part.
La discrimination
dite "positive" paraît relever d'une logique bien différente, et que
ses protagonistes s'efforcent de dissimuler. Disons-le sans ambages : elle
tourne le dos au modèle républicain, elle est en elle-même la négation des
principes fondateurs de
Le débat sur
l'immigration, en France, n'est pas seulement vif, il est aussi extrêmement
confus. Cette confusion est entretenue volontairement par ceux qui veulent, non
seulement que les immigrés venus du tiers monde s'installent définitivement sur
le territoire national ("ils
resteront", disent ces immigrationnistes), mais aussi qu'ils
continuent à venir, de plus en plus nombreux, car ils veulent conduire le
peuple français dans une direction où il n'irait pas volontiers si les enjeux
lui étaient clairement exposés.
Les jugements de
valeur sont essentiels, dans l'action politique. L'amour de la patrie ne se
démontre pas. Mais le devoir des sociologues et des autres hommes de science
est de faire preuve d'objectivité. Il ne leur est pas interdit d'avoir des
engagements à gauche, et même à l'extrême gauche, et d'être immigrationniste,
mais ce qui est contraire à l'éthique de leur métier, c'est de travestir les
faits pour occulter les conséquences de la politique actuelle. Celle-ci est
parfaitement incompatible avec la cohésion nationale et avec ce qu'il est
convenu d'appeler le modèle républicain, qui suppose l'assimilation des
immigrés. Il ne peut pas y avoir de mélange harmonieux de populations hétérogènes.
Les sociologues dignes de ce nom devraient dire la vérité aux Français en leur
présentant les deux termes de l'alternative qui commande l'avenir de leur
patrie.
La première solution est celle qui est implicitement
choisie par les dirigeants actuels, mais que l'on n'avoue pas aux citoyens : le
modèle anglo-saxon de société multicommunautaire ; dans cette hypothèse, il
faudrait cesser de tenter d'obliger à vivre ensemble des gens qui ne le
souhaitent pas, comme le voudrait la loi SRU du communiste Gayssot ; il
faudrait, au contraire, comme en Angleterre, publier les statistiques ethniques
des localités, pour que les gens choisissent leur logement en connaissance de
cause (ces statistiques sont publiées chez nos amis d'Outre-Manche sur un site
Internet tout à fait officiel : http://neighbourhood.statistics.gov.uk).
La seconde solution, c'est le choix de
Entre ces deux solutions,
il n'y a pas de troisième voie.
Nous sommes
persuadés que les Français choisiraient
[1] Cité dans Serge de Beketch, Catalogue des nuisibles, éd. Les Vilains
Hardis, 2006, p. 149.
[2] Olivier Le Cour Grandmaison et Catherine
Wihtol de Wenden (sous la direction de), Les
Etrangers dans la cité - expérience européenne, préface de Madeleine
Rebérioux, éd.
[3] Yvan Gastaut, Historiens et géographes, nE 385,
janvier 2004, « Le "seuil de tolérance", une justification du
racisme ».
[4] Yvan Gastaut, L'Immigration et l'opinion en France sous
[5] Ibid., pp.
467-8.
[6] Ibid., p.
468.
[7] In Yves
Grafmeyer et Isaac Joseph (présentation par), L'Ecole de Chicago - naissance de l'écologie urbaine, Aubier, 1990,
p. 338.
[8] Ibid., pp. 202-3.
[9] Ibid., p. 25.
[10] Ibid., pp. 161-4.
[11] La "ceinture noire".
[12] Ibid., pp.
298-9.
[13] Ibid., pp.
351-2.
[14] Jean-Yves Le Gallou et le Club de l'Horloge, Les Racines du futur - demain
[15] Henry de Lesquen et le Club de l'Horloge,