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La Constitution européenne est elle compatible avec l’identité de l’Occident ?
Christophe Beaumont
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Il faut une Constitution européenne, paraît-il, mais pour quelle Europe ? Le projet de
traité “établissant une Constitution pour l’Europe” ne définit pas cette Europe à laquelle
la Constitution doit s’appliquer, car celle-ci a vocation à embrasser bien d’autres Etats
que les vingt-cinq signataires, en vertu de l’article 1, qui précise, en son paragraphe 2 :
“L’Union est ouverte à tous les Etats européens qui respectent ses valeurs et qui
s’engagent à les promouvoir en commun.” Cette affirmation est répétée à l’article I-58,
“critères d’éligibilité et procédure d’adhésion à l’Union”. Ces critères ne sont guère
exigeants, en matière d’identité, puisqu’il est seulement demandé des Etats européens
candidats “(qu’ils) respectent les valeurs visées à l’article I-2 et (qu’ils) s’engagent à les
promouvoir en commun”. Or, ces “valeurs de l’Union”, à savoir le respect de la dignité
humaine, la démocratie, l’égalité, etc., sont celles que l’O.N.U. propose à tous les Etats
du monde, et que les Etats communistes, comme feu l’U.R.S.S., n’ont jamais rechigné
à accepter, en les interprétant à leur manière. Les pays musulmans y souscrivent eux
aussi, peut-être du bout des lèvres, à de rares exceptions près.
Nous vous invitons, de surcroît, à vous reporter à la page 165 du document qui a été
envoyé par la poste à tous les électeurs : vous y trouverez, dans la liste des signataires
de l’Acte final de la conférence des représentants des gouvernements qui a arrêté le
projet de Constitution, à Rome, le 29 octobre 2004, non seulement les signatures des
vingt-cinq Etats qui sont actuellement membres de l’Union européenne, dont la France,
mais aussi, en bas de la colonne de droite, celles de trois candidats à l’adhésion : la
Bulgarie, la Roumanie... et la Turquie. On peut lire, en effet : “Türkiye Cumhuriyeti
Adina”, ce qui signifie : “Au nom de la République turque”. La Turquie a signé l’Acte
final, en tant qu’“observateur”, après avoir participé à l’élaboration du projet de
Constitution. Des photographies accusatrices ont été notamment reproduites sur le site
Web de Voix des Français. On y voit le président français, Jacques Chirac, puis le
Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, se succéder à la même table, au cours
de la cérémonie solennelle de signature.
En réalité, la Constitution européenne ne définit l’Europe ni par ses frontières ni par
sa culture. Bien plus, elle autorise un élargissement indéfini, en dehors de toute
référence identitaire, tout en organisant la transformation des nations en sociétés
multiculturelles. Cette Constitution met en place un super-Etat supranational et lui
confère tous les attributs d’un empire qui ne dit pas son nom.
1. La Constitution européenne ne définit pas l’Europe
a) Le préambule de la Constitution déclare que les Etats signataires “s’inspirent” “des
héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe, à partir desquels se sont
développées les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et
inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l’égalité et
l’Etat de droit”. Il est difficile d’y voir une affirmation d’identité, dans la mesure où l’on
a gommé toute référence explicite au christianisme, aux racines chrétiennes de
l’Europe, dans ces “héritages” que l’on désigne au pluriel. On ne peut nier, certes, que
la notion d’humanisme soit née en Europe, mais elle est passablement vague et ne
saurait être un obstacle à l’adhésion d’un Etat quelconque, géographiquement contigu
au territoire additionné des Etats membres. Les valeurs universelles ici énumérées, que
les Etats membres sont censés respecter, définissent davantage un régime politique,
plutôt qu’une identité. En affirmant expressément que ce sont des “valeurs
universelles”, le préambule de la Constitution interdit d’en faire une question d’identité.
Certes, un islamiste turc un peu chagrin n’aurait aucun mal à reconnaître dans ces
principes politiques un legs de l’histoire occidentale, mais, pratiquant la “taqiyeh”
(dissimulation), comme le recommande sa religion, il n’hésitera pas à s’en
accommoder, au moins provisoirement, en attendant d’être dans la place, quitte à les
réinterpréter : après tout, il y a un peu de démocratie, par exemple, dans la république
iranienne des ayatollahs, mais c’est une “démocratie musulmane”. Quant à l’Etat de
droit, on peut, sans difficulté, nous semble-t-il, en faire une traduction approximative de
l’arabe charia...
La notion d’Etat de droit ne va pas de soi, du reste, pour notre tradition nationale et
républicaine. C’est, à première vue, un pléonasme, donc un abus de langage, car on
ne peut concevoir un Etat qui ne soit fondé sur le droit. Un Etat socialiste totalitaire
produit lui-même davantage de règles, donc de droit, qu’un Etat libéral. En fait,
l’expression “Etat de droit”, aujourd’hui très à la mode, est un décalque de l’allemand
Rechtsstaadt, mot forgé au XIXe siècle par les juristes allemands qui voulaient adapter
le concept anglo-saxon du rule of law (le règne du droit). Il signifie que l’Etat est lié, vis-à-vis des citoyens, par les règles qu’il s’impose à lui-même. Sans entrer dans les
détails, soulignons, cependant, que la tradition juridique française préférait parler, avec
Carré de Malberg, de la légalité républicaine, ce qui ne revient pas exactement au
même. Pour ne donner qu’un seul exemple, qui ne nous éloigne pas du sujet de
l’identité, supposons un immigré illégal qui est arrêté par la police à la suite d’un
contrôle d’identité considéré comme irrégulier (dans l’état actuel de la législation). Sous
le régime de la légalité républicaine, le policier est susceptible d’être sanctionné, s’il a
grossièrement violé les règles qu’il devait suivre, mais l’immigré sera quand même
expulsé. Sous le régime de l’Etat de droit, où la forme prime toujours le fond,
l’annulation du contrôle d’identité signifie que l’immigré sera libéré et qu’il pourra
poursuivre son séjour illégal sur notre territoire. Ici, le prétendu “Etat de droit” fait du
juge le complice du délinquant...
La Constitution européenne a l’aimable pensée de se référer deux ou trois fois à
l’identité nationale des Etats membres, notamment dans cette belle affirmation du
préambule, où les signataires se disent “persuadés que les peuples d’Europe, tout en
restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs
anciennes divisions et, unis d’une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin
commun”. C’est une manière courtoise de renvoyer l’identité nationale à un passé
révolu qui relève du folklore, et qui ne peut pas relever d’autre chose, sauf à ranimer
ces honteuses “divisions”, qui nous empêcheraient de fusionner dans une union “sans
cesse plus étroite”. Il est, à cet égard, hautement significatif que l’on ait fait l’économie
de la notion de souveraineté nationale, car une nation a, par définition, vocation à la
souveraineté. Autrement dit, il ne rime à rien d’invoquer l’identité nationale, si celle-ci
n’implique pas la souveraineté, et c’est même une moquerie et un outrage que
d’invoquer cette identité pour rassurer les naïfs, dans une Constitution qui affirme la
primauté du droit européen sur les Constitutions nationales, dans son article I-6, et qui
abolit donc la souveraineté nationale, comme Henry de Lesquen l’a démontré.
b) Si la Constitution européenne ne définit pas l’Europe par des valeurs propres ou
privilégiées, donc par la culture, elle n’en révèle pas non plus les limites. Un pays
comme le Liban, dont l’existence historique comme Etat est récente, consacre le tiers
de sa Constitution, qui n’est pas très longue, il est vrai, à définir ses frontières. On ne
trouve pas, certes, l’équivalent, dans la Constitution française de 1958. La France,
nation forgée par l’histoire, sait qui elle est, mieux que le Liban ou que l’Union
européenne, encore que la question des départements algériens, qui se sont détachés
en 1962, ait soulevé une douloureuse question d’identité. Quant à l’Union européenne,
qui est “ouverte à tous les Etats européens”, nous l’avons vu, elle devrait préciser ce
qu’elle entend par “Etat européen”, ce serait la moindre des choses, et, puisqu’elle ne
se reconnaît pas de valeurs ou de culture propres, elle devrait au moins nous dire où
s’arrête l’Europe.
L’Europe est d’abord une expression géographique. Elle a été délimitée, de façon très
conventionnelle, par les géographes russes qui servaient le tsar Pierre le Grand, et qui
voulaient arrimer leur pays aux nations occidentales. Ils ont tracé la limite entre l’Europe
et l’Asie, à l’est, sur la ligne formée par les monts Oural, et l’ont prolongée par le fleuve
du même nom, qui se jette dans la mer Caspienne ; ils l’ont fixée, au sud, sur la ligne
de crête de la chaîne du Caucase, dont le point culminant est le mont Elbrouz. Ainsi,
la Géorgie et l’Azerbaïdjan sont en Asie. Selon ce critère géographique, l’Union
européenne serait susceptible d’englober, non seulement, bien sûr, la Suisse et la
Norvège - qui ont, prudemment, préservé leur exceptionnelle prospérité en restant en
dehors de l’Union -, mais aussi les Etats balkaniques (outre la Grèce, qui est déjà
membre, la Bulgarie et la Roumanie, qui sont en négociation, ce sont l’Albanie, la
Macédoine, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Moldavie),
sans oublier l’Ukraine et la Biélorussie. Quant à la Russie, qui inclut l’immense Sibérie,
elle est territorialement plus asiatique qu’européenne, selon cette définition.
La vérité oblige à dire que l’Oural est une limite artificielle, qui n’interrompt pas
réellement la continuité des immenses plaines eurasiatiques et que, si l’on voulait “faire
l’Europe”, “de l’Atlantique à l’Oural”, selon la formule du général de Gaulle, il n’y aurait
aucune raison de s’arrêter en si bon chemin : il faudrait aller jusqu’à Vladivostok. En
réalité, du point de vue de la géographie physique, l’Europe n’existe pas, elle n’est
qu’un morceau artificiellement isolé du continent eurasiatique.
Le Titre I de la partie I de la Constitution européenne est dénommé : “Définition et
objectifs de l’Union”. Cependant, pour la définition, on reste sur sa faim, puisque cette
Europe-là ne se réfère ni à une culture ni à une histoire propre. Elle est un contenant
sans contenu déterminé.
2. La Constitution autorise un élargissement indéfini de l’Union européenne
a) Le cas de la Turquie est exemplaire. On connaît l’obstination du président Chirac,
qui veut à tout prix faire entrer dans l’Europe ce pays musulman, dont le territoire est
presque entièrement en Asie, pour des raisons qui demeurent, du reste, énigmatiques
au commun des mortels, dont nous sommes. Si l’Europe n’était qu’une zone de libre-échange, on pourrait discuter des mérites de la candidature des Turcs. Après tout, il
vaut sans doute mieux importer les articles produits chez eux par des ouvriers turcs que
de faire venir ceux-ci chez nous... Mais la liberté de circulation ne s’applique pas
seulement aux marchandises, dans le cadre du Marché Commun, elle concerne aussi
les hommes, qui sont libres de s’installer dans tous les pays membres. Cela pourrait
déjà soulever des difficultés entre nations culturellement proches (que dirait-on si un
million d’Allemands venait habiter dans l’est de la France ?) et devient inacceptable
pour un pays comme la Turquie, qui se situe à des années-lumière de notre culture
occidentale.
Il est vrai que la réforme réalisée par Atatürk au début du XXe siècle a en partie
désislamisé la Turquie. Mais, en combattant les influences arabo-persanes, elle l’a
réenracinée dans ses origines touraniennes, et donc asiatiques. L’occidentalisation est
superficielle, car le plus zélé des dictateurs n’a pas le pouvoir de changer l’âme d’un
peuple. Les Turcs, quelle que soit leur croyance (sunnites orthodoxes ou fidèles des
confréries soufies, hérétiques alevis, athées ou agnostiques...), sont si fiers de leur
identité ethnique qu’ils sont rebelles à toute assimilation, du moins lorsqu’ils se
déplacent en masse. Et la présence d’une importante minorité turque est d’autant plus
susceptible de devenir une menace pour la paix civile que ce peuple aux traditions
militaires affirmées a la religion de la force (“turc” signifie “fort”, en langue turque),
comme les Grecs de Chypre ont pu le vérifier à leurs dépens.
Le rapport du “prix Lyssenko” que le Club de l’Horloge a attribué en 2004 à M. Didier
Billion, “pour son analyse des rapports entre la Turquie et l’Europe”, réfute les
sophismes des “turcomanes” : non, l’histoire de la Turquie n’en fait pas une nation
européenne ; non, la révolution kémaliste n’a pas fait de la Turquie une nation
occidentale ; si, l’islam est bel et bien un obstacle entre la Turquie et l’Europe !
L’Union de l’Europe a été constituée, en 1958, par six nations sœurs d’Europe
occidentale. Si l’on veut qu’elle conserve une certaine cohérence, il ne faut pas qu’elle
dépasse les limites que l’histoire lui a tracées à l’est, à l’orée du monde orthodoxe des
Balkans, donc bien en deçà de l’Orient islamique, auquel appartient la Turquie. On peut
déjà s’interroger sur la participation de la Grèce - qui n’est plus, depuis longtemps, celle
de Périclès. Alors, la Turquie !
b) Le titre de notre exposé renvoie à l’Occident, et non pas à l’Europe. Ce n’est pas
un hasard, car, si l’on voulait donner un soubassement culturel à l’Union de l’Europe,
il vaudrait mieux, pour être plus clair, reprendre la dénomination d’une organisation
existante, l’Union de l’Europe occidentale (U.E.O.), organisation ectoplasmique, à
l’heure actuelle, puisqu’elle est censée s’occuper de l’Europe de la défense et que
celle-ci s’inscrit, en réalité, dans le cadre de l’O.T.A.N., donc sous le protectorat
américain. L’Europe géographique n’a d’unité ni culturelle ni historique, car Byzance
n’est pas l’Occident, pas plus que la Russie. Il s’est élevé, depuis le partage de l’empire
romain par Théodose, en 395, une barrière culturelle entre l’est et l’ouest de l’Europe,
entre l’Orient et l’Occident, que la querelle du filioque et le grand schisme de 1054 n’ont
fait que consacrer. On peut affirmer, à cet égard, que l’Union européenne a perdu son
unité culturelle, lorsqu’elle a accepté la Grèce en son sein, en 1981.
Chacun sait que l’Occident a une immense dette envers la Grèce antique, bien qu’il
ait puisé aussi à d’autres sources. Mais la Grèce moderne a beau avoir conservé la
langue grecque, sous une forme d’ailleurs terriblement altérée, la population de son
territoire a été presque entièrement renouvelée au fil des siècles et la culture byzantine
dont elle a hérité était déjà elle-même en rupture par rapport aux modèles classiques.
Les profondes analyses de Spengler, dans Le Déclin de l’Occident, qui sont certes
discutables, souvent étranges et sûrement trop systématiques, sont irremplaçables, à
cet égard
. La civilisation d’inspiration gréco-byzantine qui s’est épanouie dans les
Balkans et qui a survécu sous la férule des Turcs est bien différente de celle de
l’Occident celto-romano-germanique, qui s’est développée dans le cadre du
christianisme romain.
Si l’on suit toujours Spengler, ainsi que Troubetskoï, on doit reconnaître que le monde
russe, constitué de la Russie elle-même, mais aussi de l’Ukraine et de la Biélorussie,
est culturellement à part. Il n’est pas occidental, bien entendu, mais il n’est pas non plus
byzantin, en dépit de la communauté de religion avec les pays des Balkans. Dominé
pendant des siècles par les Turco-Mongols de la Horde d’Or, le peuple russe, qui s’est
fortement métissé avec des populations de race jaune (mongoloïde), est une synthèse
slavo-touranienne. Il n’y a donc pas une seule Europe, mais trois, sur le plan culturel.
(1) L’Europe occidentale, qui s’est développée dans le cadre du christianisme romain
(ou d’origine romaine, après la réforme protestante). (2) L’Europe balkanique, qui est
byzantine et orientale. (3) L’Europe russe. La limite de l’Europe occidentale laisse à
l’ouest, du nord au sud, la Finlande, les pays Baltes, la Pologne, la Slovaquie, la
Hongrie, la Croatie - tous pays qui appartiennent de plein droit à l’Occident - et, à l’est,
la Russie, la Biélorussie, l’Ukraine, puis des Etats des Balkans (mot turc qui veut dire
“montagne”), la Roumanie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro.
Ainsi, bien que le christianisme soit constitutif de la culture occidentale, l’Occident est
moins vaste que la chrétienté. Avant même l’expansion de l’Occident sur tous les
continents, à partir de 1492, l’année de la découverte de l’Amérique, qui fut aussi celle
de l’achèvement de la Reconquista, la chrétienté incluait non seulement les deux autres
parties de l’Europe, mais aussi deux Etats asiatiques, la Géorgie et l’Arménie, et un
Etat africain, l’Ethiopie, sans oublier les minorités chrétiennes dispersées dans les pays
musulmans et dans l’Inde du sud.
Soulignons que le christianisme de l’Occident n’est pas tout à fait le même que celui
des pays non occidentaux, et que les divergences doctrinales portent sur le dogme
central de la Trinité (vis-à-vis des “orthodoxes”) et, de surcroît, pour les Eglises les plus
orientales (monophysites ou nestoriennes), sur la Personne du Christ. Le dogme de
l’Incarnation, à savoir l’union de l’humanité et de la divinité en une seule Personne, tel
qu’il a été compris en Occident, instaure une conception de l’homme qui est
radicalement différente de celle de l’islam, mais aussi de celle des Eglises d’Orient.
L'Occident est la civilisation de la Personne. Il se caractérise par l’instinct de liberté de
ses peuples, en raison de la part de divin qui est reconnue dans chaque homme. Cette
notion est essentielle : elle s’est combinée avec les vieilles libertés germaniques, dont
les “franchises” et “privilèges” de l’Ancien régime ont longtemps été l’expression, ainsi
qu’avec le droit romain, qui a instauré un ordre juridique supérieur, pour aboutir au
libéralisme actuel.
La césure qui existe depuis mille ans, au moins, à l’intérieur de la chrétienté, entre
l’Orient et l’Occident, sera peut-être résorbée, un jour, sur le plan religieux, par
l’œcuménisme, mais elle traduit une divergence identitaire qui perdurera, en tout état
de cause. Le christianisme est donc une référence nécessaire, mais non suffisante,
pour poser l’unité culturelle de l’Union européenne.
La Constitution européenne est muette sur tous ces points. Ce qu’elle nous dit des
valeurs relève de la bouillie pour les chats. Cette Constitution européenne ne constitue
pas l’Europe, elle n’apporte aucun élément qui permette d’en tracer le contour et de
repérer son identité. Répétons-le, c’est un contenant sans contenu déterminé, elle est
donc susceptible de s’élargir indéfiniment, selon la théorie des dominos, à des Etats
contigus. Si la Turquie d’Ankara peut faire partie de cette Europe invertébrée, alors
pourquoi pas l’Iran (qui a, lui, au moins, des origines indo-européennes), pourquoi pas
l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan ? Pourquoi pas le Liban et la Syrie, que nous avons fort
fréquentés du temps des croisades, et qui ont même été quelque temps sous mandat
français, au XXe siècle ? Pourquoi pas Israël ? Pourquoi pas le Maroc, la Tunisie... et
l’Algérie, qui fit autrefois partie de la France “de Dunkerque à Tamanrasset” ? Autant
dire que cette Europe-là est la préfiguration du gouvernement mondial dont rêvent les
idéologues du cosmopolitisme, elle n’est plus l’Europe, et encore moins l’Occident, tels
qu’ils ont été formés par l’histoire.
C’est bien pourquoi la Fondation pour l’innovation politique (cercle d’étude fondé par
Jérôme Monod, principal conseiller du président de la République, Jacques Chirac), qui
a pris clairement position en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne,
a entrepris d’évacuer purement et simplement la notion d’identité européenne. Le
président de son conseil scientifique, François Ewald
, affirme, en effet, dans la lettre
de la Fondation de janvier 2005, que “l’Europe n’a pas d’identité” et en déduit qu’elle
est “destinée à s’ouvrir : à l’Ukraine demain et, pourquoi pas, après-demain, aux pays
du Maghreb”
. Cette position, qui a le mérite de la clarté, mériterait d’être mieux
connue.
3. La Constitution européenne organise la transformation des nations en sociétés
multiculturelles
a) Dès 1958, le traité de Rome avait affirmé la liberté de circulation et d’installation
des personnes à l’intérieur du Marché Commun. On ne s’est guère préoccupé, pendant
longtemps, des risques théoriques qui pouvaient en résulter. Cette liberté, en effet, ne
s’appliquait à l’origine qu’aux ressortissants des Etats membres et l’on estimait qu’il n’y
aurait pas de mouvements migratoires trop importants entre pays de niveaux de vie
comparables. De plus, les immigrés en question, qu’ils fussent allemands ou italiens,
étaient aptes à s’assimiler à la communauté nationale. Mais aujourd’hui, sans même
revenir sur le cas de la Turquie, l’élargissement qui se prépare soulève des difficultés
nouvelles, en raison de la pauvreté de certains pays candidats d’Europe orientale,
comme la Roumanie, où habitent des populations misérables dont l’assimilabilité est
problématique : c’est ainsi que les Tziganes ou Romanichels (dont la langue est le
romani) ont une culture et un mode de vie très particuliers qui les tiennent aux marges
de la société.
Les accords de Schengen, puis les traités de Maëstricht et d’Amsterdam, ont étendu
la liberté de circulation aux résidents étrangers originaires des pays tiers, donc aux
immigrés d’Afrique et d’Asie, et institué, pour ainsi dire, un “Marché commun de
l’immigration”. En conséquence, ils ont supprimé les contrôles aux frontières intérieures
de l’Union européenne. Or, ceux-ci sont nécessaires pour lutter contre l’immigration
illégale, que la Commission européenne évalue modestement à 500.000 entrées par
an. Plus grave encore, Maëstricht et Amsterdam avaient déjà donné à l’Union
européenne une compétence supranationale en matière d’immigration extra-communautaire, et celle-ci est reprise et aggravée dans le projet de Constitution
européenne.
Désormais, avec cette Constitution, “l’Union développera une politique commune de
l’immigration visant à assurer, à tous les stades, une gestion efficace des flux
migratoires” (article III-267). Il n’est pas du tout envisagé d’arrêter les flux migratoires,
mais on veut, au contraire, les gérer efficacement... Cela ne peut guère signifier autre
chose que la volonté de les augmenter encore. Cette Europe-là prévoit de faire venir
des dizaines de millions d’immigrés du tiers monde pour compenser la baisse de la
natalité des Européens, en favorisant, ainsi, une substitution de population, au lieu
d’envisager des mesures en faveur des familles. Pour ces européistes atteints de
bruxellose, les hommes sont interchangeables, ils n’ont pas de passé commun, pas
d’héritage culturel, pas d’identité nationale. L’Europe ne doit pas être un “club chrétien”,
disent-ils ? Pourvu qu’elle ne ne soit pas destinée à rejoindre le club des pays
musulmans !
Les articles III-265 et suivants de la Constitution européenne, qui posent le cadre des
“politiques relatives aux contrôles des frontières, à l’asile et à l’immigration”, sont des
plus redoutables. Ils insistent sur “l’absence de tout contrôle des personnes, quelle que
soit leur nationalité, lorsqu’elles franchissent les frontières intérieures”. Ainsi, le pays
membre qui sera le plus laxiste en matière de contrôle des frontières dites “extérieures”
sera la porte ouverte à l’immigration du tiers monde. Il ne sert donc à rien de reconnaître
“le droit des Etats membres de fixer les volumes d’entrée des ressortissants des pays
tiers, en provenance de pays tiers”, puisqu’un immigré qui voudrait venir en France et
qui se trouverait hypothétiquement empêché de le faire par un gouvernement
responsable n’aurait qu’à passer par l’Espagne ou par la Grèce... Cette politique
supranationale de l’immigration imposera, en outre, aux Etats membres, dont la France,
de recevoir les demandeurs d’asile, dans une acception très large, et même les
demandeurs de “protection subsidiaire” (sic), sans pouvoir instaurer des quotas en
fonction de leurs possibilités d’accueil. Et il y a même une très belle disposition, à
l’article III-266, en vertu de laquelle l’Union, telle qu’elle sortira, régénérée, de cette
Constitution, veillera “à assurer le principe de non-refoulement”.
La Constitution européenne contient donc la triste promesse d’un raz-de-marée
migratoire, et pas seulement parce qu’elle ouvrirait à la Turquie la porte de l’Europe. En
confisquant aux Etats membres la politique de l’immigration, qui serait définitivement
transférée aux autorités bruxelloises, elle réduirait à néant le contrôle que le peuple peut
encore exercer sur celle-ci, dans le cadre national. Comment accepter de s’en remettre,
sur ce sujet vital pour l’avenir de la nation, à une instance supranationale ? Il serait
illusoire d’espérer que les décisions prises au niveau communautaire soient moins
mauvaises que les nôtres, car la disparition des nations et leur transformation en
sociétés multiculturelles sont programmées de façon insidieuse dans ce projet de
Constitution supranationale. Les autorités européennes sont bien plus éloignées des
peuples, bien plus indifférentes aux sentiments des gens “d’en bas”, que les
gouvernements nationaux.
Nous ne pourrons pas maintenir notre identité si nous ne préservons pas la
souveraineté de la nation, qui doit rester maîtresse de sa politique d’immigration.
b) On n’est pas plus rassuré de lire, à l’article III-267, que la loi européenne va
“favoriser l’intégration des ressortissants des pays tiers”, parce que l’intégration ne
signifie pas grand-chose, si ce n’est de manière négative : elle n’est pas l’assimilation.
“Intégrer” les populations immigrées, c’est consentir à ce qu’elles conservent leur identité
d’origine, donc qu’elles restent en dehors de la communauté nationale. C’est consentir
à la transformation de la nation en société multiculturelle.
Les rédacteurs de la Constitution européenne insistent tout particulièrement sur la
non-discrimination, qui apparaît dès l’article I-2, dans les “valeurs de l’Union”, à un
point tel qu’ils en paraissent obsédés. Bien entendu, le fonctionnement du Marché
commun suppose que les Etats membres ne fassent pas de discrimination au détriment
des ressortissants des autres Etats membres. Mais il ne va pas de soi que cette non-discrimination soit étendue aux ressortissants des Etats tiers, comme le prévoit
cependant cette Constitution. Il paraîtrait, au contraire, indispensable que l’Union
européenne, qui s’est longtemps appelée “Communauté”, maintienne une certaine
“préférence communautaire” au bénéfice de ses ressortissants.
La Charte des droits fondamentaux de l’Union, qui forme la partie II de la Constitution,
interdit, dans son article II-81, “toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la
race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la
langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion,
l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou
l’orientation sexuelle”, ainsi que “toute discrimination exercée en raison de la nationalité”.
Ces dispositions reprennent, en l’élargissant et en la systématisant, la législation
française dite “antiraciste” par abus de langage - car elle vise bien d’autres critères de
discrimination que la race -, qui remonte à la loi Pleven de 1972, et elle encourt les
mêmes critiques fondamentales.
Premièrement, la discrimination en raison de la nationalité ne devrait pas être interdite,
elle devrait même être encouragée, dans une certaine mesure, car elle résulte de l’idéal
de fraternité qui figure dans la devise de la République. On s’est efforcé de diaboliser
la notion de préférence nationale, sous prétexte que le Front national y faisait référence,
mais il faut admettre qu’il ne peut pas y avoir de communauté nationale sans qu’un
minimum de différence soit établi entre les nationaux et les étrangers. L’appartenance
de la nation à une union européenne peut justifier que cette préférence nationale soit
élargie, à certains égards, en une préférence européenne, mais il reste nécessaire
d’accepter une discrimination légitime entre les Européens, ressortissants des Etats
membres de l’Union, d’une part, et les ressortissants des pays tiers, d’autre part. Du
reste, la Constitution européenne admet encore que ces derniers puissent être exclus
de la fonction publique.
Deuxièmement, la discrimination pour d’autres raisons que la nationalité doit être
interdite, quand il s’agit des actes accomplis par l’Union, et la République française doit
se l’interdire à elle-même, en vertu du principe d’égalité. C’est incontestable. Mais le
principe de liberté, qui n’est pas moins important, signifie que chaque individu doit être
libre d’exercer, dans sa sphère privée, toutes les discriminations qu’il juge légitimes pour
sa part, sous sa propre responsabilité. La République ne saurait être une théocratie. Elle
ne doit pas imposer aux citoyens une morale qui régisse leur vie quotidienne. Nous
sommes loin, aujourd’hui, de cet idéal de liberté, et il faut admettre que le
développement de la législation “anti-raciste” et “anti-discriminatoire” porte atteinte aux
libertés fondamentales et qu’elle est d’inspiration collectiviste et totalitaire.
La non-discrimination, sous la forme où elle énoncée dans la Constitution européenne,
n’est donc pas républicaine, puisqu’elle est, tout à la fois, anti-nationale et anti-libérale,
et elle a pour fonction de favoriser l’installation en France et en Europe de populations
inassimilables, pour transformer les nations en sociétés multiculturelles. Une
communauté humaine ne peut défendre son identité qu’en légitimant, dans une certaine
mesure, une préférence communautaire. La discrimination identitaire, qui est le
corollaire de la fraternité républicaine, est donc légitime, à condition, bien entendu,
qu’elle demeure respectueuse de la dignité qui est en tout homme, quelle que soit son
appartenance.
Cette Constitution européenne, qui préconise “la diversité culturelle, religieuse et
linguistique” (article II-82) et qui garantit expressément les droits des minorités
ethniques, veut organiser le communautarisme, ce qui est parfaitement incompatible
avec la République. Il est difficile de croire, par exemple, que notre loi sur le voile
islamique puisse rester en vigueur. Pas de racines chrétiennes, diversité religieuse
proclamée : est-il si difficile de comprendre que cette Constitution européenne favorise
l’expansion de l’islam sur notre sol ?
4. La Constitution européenne crée un empire qui n’avoue pas son nom
Il n’y a pas de peuple européen. Voyez, page 85, la liste des langues de l’Union
européenne : il y en a déjà vingt et une, pour vingt-cinq Etats membres (la Belgique, le
Luxembourg, l’Autriche et Chypre n’ont pas de langue particulière) : allemand, anglais,
danois, espagnol, estonien, français, finnois, grec, hongrois, irlandais, italien, letton,
lithuanien, maltais, néerlandais, polonais, portugais, slovaque, slovène, suédois et
tchèque... On se souvient de cette fameuse pensée de Joseph de Maistre, qui affirmait,
dans ses Considérations sur la France : “La Constitution de 1795, tout comme ses
aînées, est faite pour l’homme. Or, il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans
ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâces à
Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir
rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu.”
S’il était permis de faire parler
les morts, nous imaginerions volontiers que Joseph de Maistre puisse dire, aujourd’hui :
“La Constitution de l’Union est faite pour l’Européen. Or, il n’y a point d’Européen. J’ai
vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Allemands, etc. ; je sais même, grâces
à Jacques Chirac, que l’on peut être Turc ; mais quant à l’Européen, je déclare ne l’avoir
rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu.” La pensée de Joseph de Maistre
(l’original, comme la copie) exprime parfaitement ce que nous appelons l’universalisme
de l’incarnation. Les nations occidentales partagent une identité culturelle commune,
mais celle-ci n’existe qu’en s’incarnant dans chacune d’entre elles. Il n’y a pas et il ne
saurait y avoir d’identité occidentale ou européenne en soi, en dehors des identités
nationales.
Or, en affirmant la primauté du droit européen sur le droit des Etats membres, y
compris sur leurs Constitutions propres, la Constitution européenne abolit la
souveraineté des nations et situe désormais la souveraineté - qui doit forcément être
quelque part - au niveau de l’Union européenne. Cette Union devient ainsi un super-Etat
supranational, et multinational, autrement dit un empire.
L’idée d’empire est fort ancienne. Elle remonte à Cyrus et aux Achéménides, qui l’ont
légué à Alexandre le Grand. Après celui-ci, Rome, Byzance, les Sassanides, enfin les
califes musulmans de Damas et de Bagdad ont repris ce principe d’une autorité
abstraite, l’imperium, qui tombe d’en haut sur les peuples assujettis. Jacques Chirac a
déclaré que le peuple souverain allait se prononcer, par référendum, le 29 mai : il aurait
été plus honnête de dire que le peuple, encore souverain, allait voter pour ou contre
l’abolition de sa souveraineté, pour ou contre son assujettissement à un empire
supranational, multinational, et donc anti-national. Ne vous y trompez-pas : il est de
l’essence d’un empire, même et surtout s’il s’agit d’un empire technocratique, de
regarder avec méfiance et hostilité les identités particulières, qu’il voit comme des
obstacles à son autorité, et de vouloir, en conséquence, les faire disparaître. Les
orientations multiculturalistes et immigrationnistes des autorités européennes ne sont
pas un phénomène contingent. Elles résultent nécessairement des principes sur
lesquels repose l’Union européenne, telle qu’elle existe déjà, au moins depuis
Maëstricht, et telle que cette Constitution la consacre, par ce coup d’Etat qui vise à abolir
les nations, en s’en prenant à leur souveraineté pour commencer, et à leur identité pour
finir.
Qui pis est, cet empire européen serait dépourvu de la grandeur que l’on peut trouver
aux empires du passé. Le pouvoir qu’il aurait arraché aux Etats nationaux serait
transféré à un “machin”, comme disait de Gaulle, une usine à gaz de nature
technocratique, qui ne saurait fonctionner correctement et qui serait donc condamné à
la paralysie et à l’impotence. Cet empire européen serait ainsi un faux-semblant, un
écran pour le protectorat que le véritable empire, c’est-à-dire l’empire américain, exerce
sur l’Europe. C’est ici qu’il faut se souvenir des fortes paroles que prononçait un homme
d’Etat français :
“Il est des heures graves dans l’histoire d'un peuple où sa sauvegarde tient toute dans
sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache. L’Europe que nous attendions et
désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette Europe,
nous savons depuis hier qu’on ne veut pas la faire. Tout nous conduit à penser que,
derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de
la France, on consent à l’idée de son abaissement. En ce qui nous concerne, nous
devons dire NON. En clair, de quoi s’agit-il ? Les faits sont simples, même si certains ont
cru gagner à les obscurcir. (...) Une Europe fédérale ne manquerait pas d’être
dominée par les intérêts américains. C'est pourquoi nous disons NON. NON à la
politique de la supranationalité. NON à l’asservissement économique. NON à
l’effacement international de la France.
“Favorables à l’organisation européenne, oui, nous le sommes pleinement. Nous
voulons, autant que d’autres, que se fasse l'Europe. Mais une Europe européenne, où
la France conduise son destin de grande nation. Nous disons non à une France
vassale dans un empire de marchands, non à une France qui démissionne
aujourd’hui pour s’effacer demain. Puisqu’il s'agit de la France, de son indépendance
et de l’avenir, puisqu’il s’agit de l’Europe, de sa cohésion et de sa volonté, nous ne
transigerons pas. Nous lutterons de toutes nos forces pour qu’après tant de sacrifices,
tant d’épreuves et tant d’exemples, notre génération ne signe pas, dans l’ignorance, le
déclin de la patrie. Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France,
le parti de l’étranger est à l'œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français,
ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort. Mais, comme
toujours quand il s’agit de l’honneur de la France, partout des hommes vont se lever
pour combattre les partisans du renoncement et les auxiliaires de la décadence.
Avec gravité et résolution, je vous appelle dans un grand rassemblement de l’espérance,
à un nouveau combat, celui pour la France de toujours et l’Europe de demain.”
Vous avez compris, bien entendu, qu'il s’agissait du fameux “appel de Cochin”, lancé
par Jacques Chirac le 6 décembre 1978...
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